samedi 20 juin 2015

Ma France de l'été 2015

Pas besoin de changer le titre de l'année dernière !
Ce n'est pas un manque d'inspiration mais il s'agit tout simplement d'un nouveau périple calqué sur les mêmes bases.
Relier l'Atlantique à la Méditerranée en traversant notre belle France. Au programme cette année, le Bordelais, le Périgord noir, le Cantal, les monts d'Auvergne avec un retour par les Cévennes.
Un circuit prometteur qui pourra évoluer en fonction des envies et des rencontres.
Départ prévu mi juillet.

 
 
 


C'est parti, le samedi 11 juillet de la gare St Jean de Bordeaux.

Après un premier bivouac dans la forêt, je rejoins Lacaneau Océan au petit matin. Je suis sur le 45' parallèle à mi distance de l'équateur et le pole Nord ! Au vue de la température je me demande si je ne suis pas plutôt sur l'équateur !
 
Bordeaux et son miroir d'eau.
Bien caché mon bivouac!

Lacaneau Océan
 
 
 

Je traverse rapidement les Landes , un peu monotone à mon goût, pour rejoindre Lamarque ,les bords de la Gironde ,ses vignes, et sa brise bien agréable.

La traversée de l'estuaire en bateau est toujours un bon moment . Quel courant dans cette eau saumâtre !
Bac reliant Lamarque à Blaye
 

Une belle surprise cette ville de Blaye avec sa superbe citadelle adossée à l'estuaire. C'est une ville étape de la via Turonensis du chemin de Compostelle.

Hélas plus de place au camping, c'est jour d'affluence avec un concours équestre international et la fête du village.

Je décide donc de poursuivre vers Bourg en empruntant une jolie route qui longe l'estuaire et permet de contempler les maisons troglodytes de Marmisson.

Le camping municipal de Bourg est également idéalement situé au pied du village. C'est le pays de naissance de Léo Lagrange. Je remarque également que la ville est jumelée avec Salers, une de mes prochaines étapes...
 

Le lendemain, passage rapide au monument de St andré de Cubzac consacré au 45' parallèle puis par des petites routes apaisées j'atteins Libourne.


Des vignes, encore des vignes, toujours des vignes...


Château de Monbazillac
Sous une chaleur étouffante je chemine le long des vignes de St Emilion. Le village est magnifique mais terriblement bourgeois et bobo. Je ne m'y attarde pas . Je remonte désormais la Dordogne. Castillon la Bataille, Ste Foy la grande. Un passage à Montbazillac pour rêver d'un bon petit verre assis sous une tonnelle. Mais j'ai rien de tout cela et les 35-39° ambiant me donne plutôt envie d'eau fraiche et d'un peu d'ombre !

Le paysage change rapidement et bientôt blotti contre les falaises se dresse le village de La Roque Gageac.

 
Quelle beauté ce Périgord noir. Je fais halte pour 2 nuits au pied du village de Domme afin de visiter tranquillement Sarlat demain.

Déambuler au petit matin dans cette ville est l'idéal. Pas encore de monde ni de chaleur étouffante, les étals de marché se montent sans précipitation. Je pensais découvrir une ville musée et je trouve une ville dynamique qui ne s'est pas engluée dans une image trop lisse tournée exclusivement vers le tourisme.

«l'architecture est un mélange de nostalgie et d'anticipation extrême» Jean Nouvel , l'enfant du pays, qui a transformé une ancienne église en marché couvert avec une porte immense de 16 m de hauteur....




En remontant la Dordogne les villes de Beaulieu et Argentat ne me laissent pas indifférent.



Un très beau bivouac au bord de la Dordogne.
Dormir près d'une rivière c'est participer à sa vie nocturne. Que de bruit dans cette lutte pour la vie!

Argentat et ses gabares



Renoncule flottante en fleurs sur la Dordogne à Argentat

Puis de nouveaux paysages, le pays de la Xaintrie en Corrèze, avant d'atteindre tranquillement Salers où je resterai 2 nuits pour un repos bien mérité.
Salers est le pays du frêne. Leurs branches basses sont régulièrement coupées dans les champs pour servir d'alimentation pour les vaches.

Place Tyssandier d’Escous à Salers
restaurateur, au XIX° siècle, de la race Salers
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Les choses sérieuses commencent en vélo. 20Km de montée pour atteindre le pas de Peyrol (1588m). Les derniers kilomètres sont à 15%. Par chance c'est mon seul jour de mauvais temps. Je ne vois rien et il bruine !

C'est peut être plus facile que par la canicule des jours précédents. Et puis j'ai un secret dans ces parcours difficiles. Je me mets de la bonne musique dans les écouteurs...

je n'ai pas été embêté par la circulation...
Il a fallu, parfois, pousser les 45 kg du vélo chargé .... Dur, Dur....

Ne riez pas. il faisait "froid" au sommet !!

Malgré la météo je décide d'aller au sommet car je ne suis pas certain de revenir prochainement !!!!

Quelle belle descente ensuite qui me mène au très joli village de Murat.














Puis je traverse la Planeze de St Flour , plateau basaltique terriblement sec à cette période. C'est la fête au village de Coltines.

Tout y est. De la barbe à papa à la pêche aux canards. De l'orchestre à la buvette prise d'assaut. De la gamine qui se croit grande au grand qui se voudrait plus jeune ! j'ai raté de peu le lancé de bouses de vaches!

La planèze de St Flour.

Pas une herbe verte à l'horizon...
Fête de la fenaison à Coltines.
















Je préfère bivouaquer un peu plus loin pour éviter les possibles débordements alcoolisés !

Saint Flour l'endormie au petit matin. La vieille ville est bien agréable sous un beau ciel bleu. Je la pensais austère et je la trouve charmante.

Sans transition me voilà en Margueride. Je prends une petite route qui me conduit à Clavières. les paysages ont bien changés. je suis entouré d'épilobe (donc de framboisiers!) de bouleau, hêtre, pin sylvestre... Quelles odeurs...
Les très nombreuses stèles situées sur le bord de la route indiquent l'âpreté d'un combat qui se déroula en juin 1944. 
La bataille du mont Mouchet. Il faudra que je revienne visiter le mémorial et le musée.

Saugues accueille aussi bien les pèlerins de St Jacques de Compostelle que les cyclos en vadrouille !


Saugues est très impliquée dans la filière Bois - Ecole forestière, statues, chaufferie Bois...


La tour des Anglais trône au cœur du village qui bat au rythme des pèlerins.

Encore une étape, qui me fait découvrir Monistrol d'Allier, avant d'atteindre Le Puy en Velay et sa vierge noire.

Je quitte à regret ma ligne directrice du 45° parallèle pour entamer le chemin du retour.

Depuis le centre du Puy, sur 30Km, la voie verte permet de remonter tranquillement sur le plateau au niveau de Costaros. Dommage que son revêtement ne soit pas des plus adapté pour les vélos !!


Je vais visiter le lac circulaire, d'origine volcanique, du Bouchet et prends les chemins empruntés par Stevenson et son âne …

Je ne vous dis pas la "branlée" que j'ai pris sous l'orage....Je m'en souviendrais longtemps !
Il faut qu'un homme ait médité sur un paysage avant d'entreprendre d'en jouir pleinement. Ce n'est pas à la faveur du juvénile enthousiasme, éprouvé à la conquête d'un sommet, que l'on peut s'approprier la quintessence de la beauté." R. L. Stevenson – extrait de Voyage avec un âne dans les Cévennes

Ou est l'âne?....



Je refais le plein de vivres à Langogne avant d'emprunter une bien jolie route à travers la foret de Mercoire.Belvezet, le Bleymard et Pont de Montvers par le superbe col de Finiels ( 1541m) voilà une journée bien remplie.... Bref je suis "séché" en arrivant à Pont de Montvers ! Le camping municipal se trouve au bords du Tarn et la baignade a bien été appréciée.

Vue du col de Finiels
 
 

Le lendemain courte étape pour musarder dans Florac. Halte à Vebron. C'est le festival du film dans ce petit village.

J'y passe une belle soirée.

C'est avec 1000 km au compteur que j'atteins le Caylar. Non sans avoir fait une jolie étape en compagnie d'un couple de Strasbourgeois. La vallée du Trévezel , Trèves et surtout Candobre méritent vraiment le détour.





Au Caylar se déroule tous les ans le festival du Roc Castel, l'éloge du voyage lent.

Le Caylar vu du Roc Castel.
Je voulais y rester une journée.
 J'y suis resté 4 jours.

De belles rencontres, de beaux récits de voyage, une belle ambiance. Tout pour être heureux !

Merci encore à tous ceux qui ont rendu possible cet évènement.









Je suis reparti ensuite par le chemin des écoliers. La vallée de la Sorgues avec le village de Cornus.

Une petite visite désormais incontournable à mes amis René et Solange de Camares.
La vallée du Dourdou, Saint Gervais sur Mare avant de récupérer le canal du midi à Beziers.
Une halte à la Tamarissière. Ma jonction entre océan et mer.

Le retour après 1261Km ,22 jours d'itinérance et pas une crevaison. 18 jours de vélo. 70km par jour de moyenne.





lundi 11 mai 2015

Randonnée de 4 jours entre Montagne Noire et Minervois

Profitons du pont (amélioré!) du 8 mai pour partir à l'aventure.


Le canal au petit matin est toujours aussi beau.
Le TER (toujours à 1€ !) me dépose vers 8H30 à Castelnaudary.
Mon objectif de la journée: Remonter les roubines d'alimentation du canal du Midi.
En ce début de journée,le seuil de Naurouze est vite atteint.
Puis je longe la rigole du canal jusqu'à Revel, non sans avoir fait le détour au mémorial Cathare du village Les Cassés.



La Cathare au bucher ( Les Cassés)



















Après la visite de Revel, la bastide médiévale, je monte au village des Cammazes par la vallée du Sor.
Je ne pourrais pas traverser la voute Vauban ( tunnel de 122m de longueur) car des travaux de restauration sont en cours.



J'emprunte ensuite le chemin de 28km qui longe la rigole de la Montagne Noire jusqu'à la prise d'eau d'Alzeau.

Bassin du Lampy


Un vrai bonheur de se retrouver à musarder dans un site qui mérite bien son classement au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le plan d'eau du Lampy me tend les bras pour mon premier bivouac, mais je préfère dormir dans un endroit accessible au réseau téléphonique. Sécurité, sérénité?, oblige.






Des petites routes sans circulation me conduisent paisiblement au village de Lastours et ses quatre châteaux.
Le  belvédère de Montfermier offre un panorama intéressant sur le site.


















Après un bon café et quelques viennoiseries, ma ballade se poursuit par les petites routes du Minervois. Villeneuve, Laure, Peyriac , tous ces villages se revendiquent Minervois.
Le plan d'eau de Laure-Minervois est très agréable pour déjeuner.
Petit détour, mais quelle grimpette!, depuis Siran pour visiter l'église Notre Dame de Centeilles située dans un site inspirant. Moi en tout cas j'étais transpirant!
.



Le dolmen des Fados a été édifié il y a plus de 5000 ans sur le coteau, dit des fées, planté de pins.
Point de fées le jour de mon passage...Je décide donc de poursuivre!

De Cesseras je monte (dur!) chercher un bivouac au sommet des gorges de la Cesse. Petite visite au moulin d'Azam avant une nuit  bien méritée !

 

Ma nouvelle tente: Vaudé Taurus UL 2P
Ces gorges sont vraiment sauvages et je compte y revenir pour les parcourir à pied plus en détail.
Aux cliquetis métalliques qui me parviennent, je pense qu'il doit s'agir d'un site d'escalade bien répertorié.











Minerve. Qu'il est bon d'y flâner aux premières heures de la journée.



Il y a encore trop d'eau qui coule dans la Cesse pour espérer traverser à pieds les ponts naturels. Ce sera pour une autre fois.

Je décide d'emprunter le GR 77 pour poursuivre ma flânerie vers Aigne.

Puis les villages de Mailhac et Ginestas avant d'atteindre le Somail et retrouver le canal.












La forte attirance de ce ruban d'eau balaye mon objectif initial d'achever mon périple à Narbonne.
Je laisse pour une prochaine aventure le canal de la robine et poursuit vers Béziers.
Je m'arrêterais dans mon halte familière près de port Cassafières fourbu mais heureux de cette longue journée.
Le lendemain levé tôt car il y a encore un bon bout de chemin avant la maison!
Je passe à Agde vers 8H15 devant la gare en me rappelant que j'ai toujours mon billet de retour et qu'il me reste 15 minutes avant le passage du train que j'avais reservé.
Pas d'hésitation !  je reprends le TER pour éviter la fatigue d'un parcours si souvent parcouru.
Petit joueur! mais aucun remord!
La plaine depuis les hauteurs de Cesseras


Bilan

270 km pour
  • Flâner, me perdre, dans la Montagne Noire.
  • Glaner, les paysages, les odeurs, les émotions, les ambiances....
  • "Curiositer" dans ces villages du minervois tous différents et si complémentaires.
  • De belles rencontres: du pèlerin sur le chemin de St Jacques de Compostelle aux cyclo randonneurs de tout âge et de tout horizon, sans oublier les marcheurs en quête d'absolu qui parcourent le canal du midi.
Vivement la prochaine aventure !











jeudi 16 avril 2015

Le canal du Rhône à Sète

Cette randonnée est le fruit du hasard.
Je voulais prendre un billet pour Carcassonne mais il ne restait que la destination de Beaucaire accessible par le train à 1 €.
Qu'importe Carcassonne sera pour une autre fois et  je n'ai jamais fait cette partie là du Gard.
Par ailleurs, comme les conditions météo sont bonnes depuis plusieurs semaines, je décide d'emprunter le chemin de halage du canal. Il ne devrait pas y avoir trop de boue. Les petites routes seront pour une autre fois.
Ces TER sont très bien pour les cyclistes. on rentre dans le train de plain pied sans avoir à porter le vélo.
Apres avoir saluer le Rhône et une visite rapide du  centre ancien de Beaucaire, je retrouve le canal au niveau du pont de Charenconne... ( si, si!)
la voie me parait acceptable, mais c'est vrai qu'au bout d'un certain nombre de kilomètres cela peut fatiguer le plus endurci des fessiers!
Le soleil n'est pas au rendez vous et je crains que la pluie arrive plus vite que prévu par les météorologues.

Départ du pont de Charenconne
Une dizaine de km plus loin, je vais prendre un café à Bellegarde et visiter la tour de la Madonne qui domine le village.

 

Je suis seul au monde. Je rencontrerais que 3 personnes durant toute cette journée. Ecouter de la musique en roulant dans ces conditions est bien agréable.


Puis arrive très vite Saint Gilles son abbatiale richement décoré , sa pluie d'orage!!, et le château d'Espéran qui abrite les archives nationales numérisées. Ce château et son parc ont vraiment du charme. Il faudra revenir le visiter au moment des journées du patrimoine.
















Je rencontre, de l'autre coté de la rive, des sagneurs.
Cette tradition, peu rentable, vieille de sept cent ans, disparaît au profit de la mécanisation.
En Petite Camargue, dans les marais de Vauvert et de Gallician, ils ne sont plus qu'une poignée de paysans à couper les roseaux - la sagne en provençal - à la main.

















Rencontre avec des chevaux camarguais.

Je dois reconnaître que je retrouve à Gallician  une voie en enrobé avec bien du plaisir...
C'est vraiment plus confortable !! et je vais découvrir que le chainon manquant pour rejoindre Aigues Mortes est terminé. Bravo au conseil général du Gard pour cette nouvelle portion.














Après Aigues mortes, je reprends le bord du canal jusqu'à Carnon. c'est un peu fastidieux mais roulant. je suis pressé car la pluie menace. Mais je n'aurais pas le temps de rentrer chez moi avant de bénéficier de belles averses !!!



Les cabanes du Roc
Ce fut une journée bien remplie.
Une centaine de kilomètres parcourus.
On ne peut pas tout avoir. j'ai eu du vent donc pas de moustiques! de la pluie donc pas de soleil écrasant!





vendredi 13 février 2015

GROENLAND 2010 et 2011

Le souvenir de ces deux randonnées est toujours aussi vivace. Et l'envie de retourner au Groenland devient de plus en plus forte...

Voici le compte rendu de ces deux séjours mis en ligne sur le site de Nérée.
http://www.neree.org/neree02/index.php?option=com_content&view=featured&Itemid=17#

Mise à jour 2024: Désolé le site a fermé !



Sud Groenland 2010 en kayaks de mer monoplaces

Plusieurs mois se sont écoulés depuis notre raid en kayak dans le sud du Groenland.
Pourtant les images, sont toujours présentes. C’est un voyage qui met du temps à se dissiper et au moment où il faut s’interroger sur les prochaines vacances, l’ambiance attachante de ce pays atypique refait surface.

Il est difficile d’oublier ces 24 jours, pratiquement seuls, dans une nature souvent vierge de tout signe de civilisation. Ce ne fut pas un exploit sportif, mais parfois les tâches quotidiennes répétitives demandaient une énergie importante. Navigation, portage, manutention, montage du campement, préparation de l’eau chaude, des repas ; ce n’est pas toujours simple quand il fait froid, qu’il y a du vent et que le réchaud demande une attention  particulière pour daigner fonctionner.
La préparation du voyage est un moment clé. Tout est passé en revue à maintes reprises.
Le transfert est certainement plus aisé, et moins cher !, par l’Islande. La ville de Reykjavik est une capitale de poupée, à dimension humaine et c’est un plaisir d’y faire une halte même de quelques heures.
La location des kayaks de mer a été facilitée par la présence à Narsasuaq, une ancienne base américaine transformée en aéroport international, d’un Français qui gère une société de transport et de location de kayak : Blue Ice. (http://www.blueice.gl/fransk/index_fr.html) Mise à jour 2024: Désolé le site a fermé !
Jacky Simoud nous à mis à disposition 2 Seayaks de Prijon, il s’est occupé de notre transfert en bateau à Narsaq point de départ de notre raid. Il nous a également réservé, pour notre retour,  2 nuits à son auberge de jeunesse. Il a été amical, ouvert et professionnel à notre encontre. Il nous a été d’un soutien sans faille.
Pour établir notre parcours, Google earth fut bien sur d’une grande utilité, les informations glanées sur le net ont fait le reste.
Notre objectif a été rapidement arrêté : prendre le temps, ne pas se donner de contraintes trop fortes, rencontrer la glace sous toutes ses formes, aller jusqu'au village de Quassimiut, situé totalement en dehors des circuits touristiques classiques, pour espérer des rencontres avec les groenlandais. Rendre au kayak sa raison d’être : le seul moyen de transport autonome pour parcourir à notre rythme ce pays.
Il a fallu préparer le matériel :
- Trouver une combinaison étanche. Nous avons choisi le modèle Expé de Kokatat. Nous n’avons pas eu à regretter ce choix. Ce fut notre 2° peau durant la navigation mais nous l’avons également beaucoup utilisé le matin et le soir lors du montage de la tente, des portages quotidiens du matériel.
- Se perfectionner au maniement du GPS, trouver des cartes marines, programmer un itinéraire et prévoir des plans B.
- S’occuper de l’intendance, imaginer les repas, se renseigner sur les approvisionnements possibles. Être inventif pour ne pas se lasser, faire de chaque repas un moment de réconfort, de détente en recherchant toujours la variété et le plaisir de manger. Cela a été le domaine de Jeanine qui a rempli sa mission de la plus belle manière. 2 envois (soit 15 kg) au préalable par Colissimo nous ont aidés à parfaire la diversité des plats.
Quels vêtements prendre ? Ni trop chaud, ni trop froid. Chaussures de montagne (car nous comptons monter sur l’inlandsis) ou bottes (car tout est spongieux) ? Je n’ai pas regretté mon choix de chaussures de montagne et Jeanine est persuadée que son choix pour les bottes était le meilleur !! Nous sommes donc ravis de nos choix respectifs….
Et puis le grand jour, tant attendu est arrivé.
Je vous passe ma peur viscérale de l’avion, des liaisons exténuantes à traîner nos 30 kilos de bagages dans les dédales des aéroports.
De l’avion nous découvrons avec un peu d’appréhension notre terrain de jeu…Il y a bien de la glace de partout !!!

Les photos de nos « Picasa » respectifs décrivent, bien mieux qu’un texte, le déroulement de cette randonnée.

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipN45_qLqcEzwRLNtnRPoZjvy-4n9KTIpv-MvblR

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipPrMsxwlzDS6UWh7fvidxtCDey6JZNEiL5nXD9U


http://picasaweb.google.com/boutjeanine/Groenland2010RaidEnKayakDeMer
http://picasaweb.google.com/patrickderoide/Groenland2010#

Chaque jour a apporté son lot d’émerveillement.
Toutes les journées ont été intenses. Certaines étapes  pouvaient sur le papier être fastidieuses. Il n’en a rien été. Toujours une nouveauté, un étonnement, un plaisir à partager.
Il faut quand même insister sur cette Présence permanente durant tout le séjour.
Je veux parler de la Glace sous toutes ses formes.
Je la comparerai bien volontiers au feu de bois.
Vivante, jamais la même, toujours en mouvement, amicale et bruyante, parfois un grondement, un coup de fusil ou un simple pétillement pour les plus petits. Le paysage évolue constamment au rythme des fractures des icebergs, des courants, de la marée et du vent.
Au fil des jours se crée une véritable fascination et un respect profond pour cette glace si ancienne qui fond inexorablement et que nous buvons régulièrement. Nous avons le privilège d’assister au signe le plus visible d’une mutation irréversible du climat.
Le Groenland est en première ligne du bouleversement mondial qui nous affectera tous.
Ce voyage n’aurait pas été aussi intense sans la chaleur de ses habitants.
Les rencontres - de la plus brève, le salut amical du pêcheur croisé sur l’eau, à l’invitation de Martin à partager un Kafemik dans sa maison - nous ont fait découvrir des groenlandais affables, curieux  et souriants, toujours prêts à nous aider. Je crois que ces émotions partagées ont donné le vrai sens à ce voyage.
Merci a toi, Jeanine, de m’avoir aidé à réaliser mon rêve d’enfance.
Le principal danger de ce raid est dû au luxe de la solitude primitive…
Pas de téléphone portable, ni de prévisions météo. Tout doit se faire à l’instinct, avec prudence et une grande marge de sécurité. Chaque geste compte….
Non le plus grand risque de ce voyage est celui d’avoir l’envie irrépressible d’y retourner au plus vite…

Patrick Deroide
Ps : le budget pour ces 5 semaines : 2 600 € par personne (transport, location, transfert, hébergement  et nourriture) sans compter le matériel acheté pour l’occasion.



Ne perdons pas le Nord ! Groenland 2011

  
Après notre périple de 2010, nous poursuivons une nouvelle fois l’aventure dans ce pays si attachant où l’hospitalité des habitants contraste avec des conditions naturelles souvent très rudes.
Le programme de ce mois de juillet 2011 : relier Arsuk à Narsarsuaq en kayak de mer, toujours dans le Sud du Groenland.
groelnad2011
 
Arsuk est un village de 190 habitants ne disposant pas de véritable port. Les bateaux de la compagnie Artic Umiaq Line, assurent une liaison hebdomadaire. Les transferts des passagers (et de nos kayaks), entre le bateau et le ponton du village, se font par navettes.
Narsarsuaq est le siège de l’aéroport international que nous rejoignons via l’Islande. Sur notre trajet les villages d’Igvitut, Qassimiut et Narsaq ont permis contacts et compléments de ravitaillement.
Malgré notre habitude de mener à bien de tels projets, cela demande beaucoup d’énergie pour organiser une telle aventure. 25 jours de navigation en autonomie presque totale.
Afin d’améliorer le quotidien, 3 colis de nourriture ont été envoyés (21 kilos) au préalable. De part sa fiabilité, nous avons fait de nouveau appel à Jacky Simoud de Blueice (www.blueice.gl.) pour la location des kayaks de mer et le transfert à Narsaq d’où nous prendrons le bateau Sarfaq Ittuk afin de rejoindre Arsuk.
De là, 350 km de navigation au gré de nos envies, des rencontres, et de la météo pas toujours clémente cette année.
Cette aventure humaine a été marquée par :

Les rencontres

Notre expérience de l’année dernière et paradoxalement le mauvais temps ont certainement facilité les rencontres. L’accueil des Groenlandais n’a jamais failli. Vous passez dans l’unique rue du village et vous êtes interpellé pour venir partager un Kafemik. (Invitation à prendre un café, un thé et quelques gâteaux) Et vous voila reçus dans une maison confortable. Bien sûr vous avez pris le soin au préalable de vous déchausser et de vous dévêtir un peu car les intérieurs des maisons groenlandaises sont souvent surchauffés. Ces invitations sont un moment d’échanges et de convivialité.
Après 10 jours de raid dans de mauvaises conditions météo, nous arrivons à Qassimiut encerclé par le pack de glace et sous une pluie battante .Nous voyant chercher un emplacement pour la tente, un habitant est venu à notre rencontre et nous propose d’occuper une maison dont le propriétaire est absent. Ce véritable cadeau est arrivé au bon moment, nous avions besoin d’un peu de repos, d’une douche bien chaude et d’être au sec…Voila un bel exemple de cette spontanéité et cette générosité rencontrées tout au long de ce périple. Cette année, nous avons apprécié dans chaque village la maison commune. Accessible à tous elle offre la possibilité pour quelques couronnes danoises de se doucher, et de laver son linge. Ces villages ne possédant pas l’eau courante dans les maisons, c’est un service indispensable pour les habitants.
Certaines rencontres même si elles ont été éphémères ont été très fortes en émotion. Je pense en particulier aux quelques heures passées avec Carolina et Jimmi dans la base militaire de GrØnnedal.
La rencontre à Narsaq avec Pierre Auzias, skipper de l’AVANNAQ un très beau voilier de 11 m, Bertrand Lozay réalisateur, et Christophe a été également un temps fort. Nous avons passé une soirée bien agréable dans le carré du bateau, chacun ayant amené quelque chose pour le diner. Ce sont des personnalités attachantes. Encore de belles expériences à partager. De telles rencontres enrichissent ce séjour.
Les enfants au Groenland font partie intégrante du paysage. D’une gaieté permanente, dehors par tous les temps, ils jouent souvent ensembles. Curieux, ils cherchent le contact, pour notre plus grand plaisir.
J’allais presque oublier, la cerise sur le gâteau !!, le passage de la reine du Danemark à Narsaq. C’est l’Evènement du village. A 10h du matin ce dimanche 24 juillet toute la population rejoint le petit port. Des jeunes, des vieux. Certains en habits traditionnels, d’autres habillés normalement. Avec un protocole réduit au strict minimum, elle descend à l’heure prévue de son yacht royal le Dannebrog accompagnée de son mari le prince consort Henrik un Français bien de chez nous. Nous sommes aux premières loges pour ne pas rater ce paradoxe ; la ferveur des Groenlandais pour la famille royale tout en se prévalant d’une indépendance toute neuve.

La banquise

La rencontre avec le pack a également été une nouveauté cette année. Le pack c’est de la banquise dérivante, plus ou moins importante, morcelée. C’est un vaste champ de glaces ou plutôt un chant de glaces. A l’approche du village de Qassimiut, nous l’avons entendu bien avant de le voir. Une sorte de grondement sourd lié au mouvement de la glace sous l’effet de la houle et du vent. Une fois au contact, après avoir évalué la situation, il faut se frayer un passage le plus sécurisé possible. C’est une expérience unique, envoutante, épuisante … De même l’émotion devant la beauté des icebergs ne faiblit pas, bien au contraire.

Les animaux

Les bœufs musqués ont été introduits il y a quelques décennies dans ce secteur du Groenland. Ils sont en totale liberté. Leur population croit rapidement car il est bien adapté au climat arctique. Malgré son aspect de bovin, c’est en fait un capriné de souches primitives. Il vit en groupe.
C’est un vrai plaisir de contempler ces animaux quasiment préhistoriques. Ils se sont montrés craintifs et curieux à notre endroit. Mais nous n’avons jamais cherché à approcher de trop près ces mammifères herbivores…
Prudence !
Les rennes, nous ont fait notre plus beau cadeau. Profiter d’un rassemblement d’une centaine de têtes durant une demi-journée entière, c’est une situation enivrante et totalement inoubliable.
L’ours polaire ? Quelques uns trainent épisodiquement dans le secteur… Nous n’en avons pas rencontré, Ils doivent préférer de la viande moins coriace que celle d’un vieux kayakiste. C’est sur la base de ce postulat que j’ai dormi sur mes 2 oreilles (et surtout parce que j’étais souvent cuit !...).

L’avenir du Groenland ?

Le Groenland, dont la population avoisine les 55 000 habitants, est aujourd’hui à la croisée d’enjeux climatiques et de convoitises économiques. L’ouverture programmée de la voie maritime Nord Sud, le potentiel en minéraux rares attisent les appétits sur ce pays plus facile d’accès et qui regorge de réserves d’hydrocarbures. A notre niveau nous avons remarqué que la survie des petits villages semble compromise. Ainsi par exemple le village de Qassimiut possédait une école l’année dernière, cette année, faute d’instituteur pour ce poste, l’école a du être fermée. Nous en voyons déjà les conséquences sur la vitalité du village. Beaucoup de maisons se délabrent. Nous n’avions pas eu ce sentiment de déclin l’année dernière. Par ailleurs, faute de poisson et de débouchés, les pêcheries ferment une à une… Néanmoins, l’énergie de ce pays tout neuf est un signe positif pour faire entrer les Inuits dans l’aire de la modernité dans le respect du développement durable. Puissent-ils un jour nous donner des leçons dans ce domaine.

Et le kayak dans tout ça ?

Le kayak est un moyen de locomotion formidablement adapté à ce pays sans infrastructures. Il nous donne l’indépendance et favorise l’accueil plus chaleureux de la part des Groenlandais. Rien de plus excitant que de partir pour 25 jours en autonomie presque totale. Etre humble face aux éléments, se fondre dans le paysage, voila un des atouts de ce formidable outil inventé par les Inuits il y a près de 4000 ans.

Ce fut une belle tranche de vie.

 https://photos.google.com/u/1/share/AF1QipPazwCovb-8NkczHaRWjZaI3TkilTJD8PyI7Vn38EOznSMHCZnI-gRnUQmzd0N5eA?key=TGVYenFVNEpzMGlRWHVZdjNMaGpuRTgwZzBuMm9n

 

 

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipN45_qLqcEzwRLNtnRPoZjvy-4n9KTIpv-MvblR
https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipPrMsxwlzDS6UWh7fvidxtCDey6JZNEiL5nXD9U


mardi 20 janvier 2015

Collioure pour 1€ ...

Quelle belle initiative de proposer les trains à 1€ dans tout le Languedoc Roussillon.
Départ 8H de Montpellier ce samedi matin de janvier avec les vélos. Arrivée à 10H à Collioure. le soleil est au rendez vous. Ballade dans le village assagi. Peu de monde et les couleurs limpides d'une belle journée d' hiver.
Blottis contre la citadelle, pour le pique nique sorti des sacoches, il fait même chaud au soleil.

L'église Notre Dame des Anges est l'incontournable de ce village



Sans la foule il est plus facile d'imaginer la fascination de Matisse où de Picasso pour ce haut lieu du Fauvisme.









Une fois repu de ruelles colorées, d'orangers et citronniers écrasés sous les fruits, de flâneries,  il est temps de prendre la route pour rejoindre Argelès sur mer, ville fantôme à cette période. Un camping en bord de mer est resté ouvert. De nombreux camping-cars de toutes nationalités sont installés.

Il est possible ensuite de longer la cote au plus près.
Le long de l'étang du Canet on peut admirer sur les berges quelques barques et des cabanes de pêcheurs en roseaux. Au loin le Canigou enneigé marque le paysage.

Saint Cyprien est un peu plus vivant autour de son port. Le Canet puis Sainte Marie avant de rentrer sur Perpignan.
une petite randonnée de 50 km pour musarder le long de cette cote bien rectiligne.
Les signes de la tempête de décembre dernier sont encore bien visibles. la mer est montée bien haut à certains endroits.
Perpignan se mérite... Plusieurs erreurs de parcours avant de trouver le moyen d'entrer dans la ville!! La signalétique sur les pistes cyclables est à améliorer...
En soirée l'animation du centre ville bat son plein.
Un bon petit restaurant pour apprécier la cuisine catalane avant de passer une bonne nuit dans un hôtel du centre ville qui possède un local vélo sécurisé...

La journée de dimanche est consacrée à la visite de la ville. les jardins du palais des Rois de Majorque transpirent la sérénité des lieux bonifiée par plusieurs statues de femme.




Avant de reprendre le train dans la gare du "centre du monde", il faut contempler le splendide théâtre de l'archipel, véritable œuvre d'art de l'architecte Jean Nouvel.
Dali considérait que" l'arrivée à la gare de Perpignan est l'occasion d'une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative"...
Je dois reconnaitre que je n'ai pas eu cet effet en pénétrant dans le bâtiment!
Voila, le train à 1€ permet d'imaginer une multitude de possibilité avec ou sans vélo pour parfaire notre connaissance de cette magnifique région, sans voiture, en toute quiétude.
Merci à Georges Frèche d'avoir initié ce projet et à ses successeurs de l'avoir finalisé.

Ce fut un bien beau weekend.