vendredi 13 février 2015

GROENLAND 2010 et 2011

Le souvenir de ces deux randonnées est toujours aussi vivace. Et l'envie de retourner au Groenland devient de plus en plus forte...

Voici le compte rendu de ces deux séjours mis en ligne sur le site de Nérée.
http://www.neree.org/neree02/index.php?option=com_content&view=featured&Itemid=17#

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Sud Groenland 2010 en kayaks de mer monoplaces

Plusieurs mois se sont écoulés depuis notre raid en kayak dans le sud du Groenland.
Pourtant les images, sont toujours présentes. C’est un voyage qui met du temps à se dissiper et au moment où il faut s’interroger sur les prochaines vacances, l’ambiance attachante de ce pays atypique refait surface.

Il est difficile d’oublier ces 24 jours, pratiquement seuls, dans une nature souvent vierge de tout signe de civilisation. Ce ne fut pas un exploit sportif, mais parfois les tâches quotidiennes répétitives demandaient une énergie importante. Navigation, portage, manutention, montage du campement, préparation de l’eau chaude, des repas ; ce n’est pas toujours simple quand il fait froid, qu’il y a du vent et que le réchaud demande une attention  particulière pour daigner fonctionner.
La préparation du voyage est un moment clé. Tout est passé en revue à maintes reprises.
Le transfert est certainement plus aisé, et moins cher !, par l’Islande. La ville de Reykjavik est une capitale de poupée, à dimension humaine et c’est un plaisir d’y faire une halte même de quelques heures.
La location des kayaks de mer a été facilitée par la présence à Narsasuaq, une ancienne base américaine transformée en aéroport international, d’un Français qui gère une société de transport et de location de kayak : Blue Ice. (http://www.blueice.gl/fransk/index_fr.html) Mise à jour 2024: Désolé le site a fermé !
Jacky Simoud nous à mis à disposition 2 Seayaks de Prijon, il s’est occupé de notre transfert en bateau à Narsaq point de départ de notre raid. Il nous a également réservé, pour notre retour,  2 nuits à son auberge de jeunesse. Il a été amical, ouvert et professionnel à notre encontre. Il nous a été d’un soutien sans faille.
Pour établir notre parcours, Google earth fut bien sur d’une grande utilité, les informations glanées sur le net ont fait le reste.
Notre objectif a été rapidement arrêté : prendre le temps, ne pas se donner de contraintes trop fortes, rencontrer la glace sous toutes ses formes, aller jusqu'au village de Quassimiut, situé totalement en dehors des circuits touristiques classiques, pour espérer des rencontres avec les groenlandais. Rendre au kayak sa raison d’être : le seul moyen de transport autonome pour parcourir à notre rythme ce pays.
Il a fallu préparer le matériel :
- Trouver une combinaison étanche. Nous avons choisi le modèle Expé de Kokatat. Nous n’avons pas eu à regretter ce choix. Ce fut notre 2° peau durant la navigation mais nous l’avons également beaucoup utilisé le matin et le soir lors du montage de la tente, des portages quotidiens du matériel.
- Se perfectionner au maniement du GPS, trouver des cartes marines, programmer un itinéraire et prévoir des plans B.
- S’occuper de l’intendance, imaginer les repas, se renseigner sur les approvisionnements possibles. Être inventif pour ne pas se lasser, faire de chaque repas un moment de réconfort, de détente en recherchant toujours la variété et le plaisir de manger. Cela a été le domaine de Jeanine qui a rempli sa mission de la plus belle manière. 2 envois (soit 15 kg) au préalable par Colissimo nous ont aidés à parfaire la diversité des plats.
Quels vêtements prendre ? Ni trop chaud, ni trop froid. Chaussures de montagne (car nous comptons monter sur l’inlandsis) ou bottes (car tout est spongieux) ? Je n’ai pas regretté mon choix de chaussures de montagne et Jeanine est persuadée que son choix pour les bottes était le meilleur !! Nous sommes donc ravis de nos choix respectifs….
Et puis le grand jour, tant attendu est arrivé.
Je vous passe ma peur viscérale de l’avion, des liaisons exténuantes à traîner nos 30 kilos de bagages dans les dédales des aéroports.
De l’avion nous découvrons avec un peu d’appréhension notre terrain de jeu…Il y a bien de la glace de partout !!!

Les photos de nos « Picasa » respectifs décrivent, bien mieux qu’un texte, le déroulement de cette randonnée.

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipN45_qLqcEzwRLNtnRPoZjvy-4n9KTIpv-MvblR

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipPrMsxwlzDS6UWh7fvidxtCDey6JZNEiL5nXD9U


http://picasaweb.google.com/boutjeanine/Groenland2010RaidEnKayakDeMer
http://picasaweb.google.com/patrickderoide/Groenland2010#

Chaque jour a apporté son lot d’émerveillement.
Toutes les journées ont été intenses. Certaines étapes  pouvaient sur le papier être fastidieuses. Il n’en a rien été. Toujours une nouveauté, un étonnement, un plaisir à partager.
Il faut quand même insister sur cette Présence permanente durant tout le séjour.
Je veux parler de la Glace sous toutes ses formes.
Je la comparerai bien volontiers au feu de bois.
Vivante, jamais la même, toujours en mouvement, amicale et bruyante, parfois un grondement, un coup de fusil ou un simple pétillement pour les plus petits. Le paysage évolue constamment au rythme des fractures des icebergs, des courants, de la marée et du vent.
Au fil des jours se crée une véritable fascination et un respect profond pour cette glace si ancienne qui fond inexorablement et que nous buvons régulièrement. Nous avons le privilège d’assister au signe le plus visible d’une mutation irréversible du climat.
Le Groenland est en première ligne du bouleversement mondial qui nous affectera tous.
Ce voyage n’aurait pas été aussi intense sans la chaleur de ses habitants.
Les rencontres - de la plus brève, le salut amical du pêcheur croisé sur l’eau, à l’invitation de Martin à partager un Kafemik dans sa maison - nous ont fait découvrir des groenlandais affables, curieux  et souriants, toujours prêts à nous aider. Je crois que ces émotions partagées ont donné le vrai sens à ce voyage.
Merci a toi, Jeanine, de m’avoir aidé à réaliser mon rêve d’enfance.
Le principal danger de ce raid est dû au luxe de la solitude primitive…
Pas de téléphone portable, ni de prévisions météo. Tout doit se faire à l’instinct, avec prudence et une grande marge de sécurité. Chaque geste compte….
Non le plus grand risque de ce voyage est celui d’avoir l’envie irrépressible d’y retourner au plus vite…

Patrick Deroide
Ps : le budget pour ces 5 semaines : 2 600 € par personne (transport, location, transfert, hébergement  et nourriture) sans compter le matériel acheté pour l’occasion.



Ne perdons pas le Nord ! Groenland 2011

  
Après notre périple de 2010, nous poursuivons une nouvelle fois l’aventure dans ce pays si attachant où l’hospitalité des habitants contraste avec des conditions naturelles souvent très rudes.
Le programme de ce mois de juillet 2011 : relier Arsuk à Narsarsuaq en kayak de mer, toujours dans le Sud du Groenland.
groelnad2011
 
Arsuk est un village de 190 habitants ne disposant pas de véritable port. Les bateaux de la compagnie Artic Umiaq Line, assurent une liaison hebdomadaire. Les transferts des passagers (et de nos kayaks), entre le bateau et le ponton du village, se font par navettes.
Narsarsuaq est le siège de l’aéroport international que nous rejoignons via l’Islande. Sur notre trajet les villages d’Igvitut, Qassimiut et Narsaq ont permis contacts et compléments de ravitaillement.
Malgré notre habitude de mener à bien de tels projets, cela demande beaucoup d’énergie pour organiser une telle aventure. 25 jours de navigation en autonomie presque totale.
Afin d’améliorer le quotidien, 3 colis de nourriture ont été envoyés (21 kilos) au préalable. De part sa fiabilité, nous avons fait de nouveau appel à Jacky Simoud de Blueice (www.blueice.gl.) pour la location des kayaks de mer et le transfert à Narsaq d’où nous prendrons le bateau Sarfaq Ittuk afin de rejoindre Arsuk.
De là, 350 km de navigation au gré de nos envies, des rencontres, et de la météo pas toujours clémente cette année.
Cette aventure humaine a été marquée par :

Les rencontres

Notre expérience de l’année dernière et paradoxalement le mauvais temps ont certainement facilité les rencontres. L’accueil des Groenlandais n’a jamais failli. Vous passez dans l’unique rue du village et vous êtes interpellé pour venir partager un Kafemik. (Invitation à prendre un café, un thé et quelques gâteaux) Et vous voila reçus dans une maison confortable. Bien sûr vous avez pris le soin au préalable de vous déchausser et de vous dévêtir un peu car les intérieurs des maisons groenlandaises sont souvent surchauffés. Ces invitations sont un moment d’échanges et de convivialité.
Après 10 jours de raid dans de mauvaises conditions météo, nous arrivons à Qassimiut encerclé par le pack de glace et sous une pluie battante .Nous voyant chercher un emplacement pour la tente, un habitant est venu à notre rencontre et nous propose d’occuper une maison dont le propriétaire est absent. Ce véritable cadeau est arrivé au bon moment, nous avions besoin d’un peu de repos, d’une douche bien chaude et d’être au sec…Voila un bel exemple de cette spontanéité et cette générosité rencontrées tout au long de ce périple. Cette année, nous avons apprécié dans chaque village la maison commune. Accessible à tous elle offre la possibilité pour quelques couronnes danoises de se doucher, et de laver son linge. Ces villages ne possédant pas l’eau courante dans les maisons, c’est un service indispensable pour les habitants.
Certaines rencontres même si elles ont été éphémères ont été très fortes en émotion. Je pense en particulier aux quelques heures passées avec Carolina et Jimmi dans la base militaire de GrØnnedal.
La rencontre à Narsaq avec Pierre Auzias, skipper de l’AVANNAQ un très beau voilier de 11 m, Bertrand Lozay réalisateur, et Christophe a été également un temps fort. Nous avons passé une soirée bien agréable dans le carré du bateau, chacun ayant amené quelque chose pour le diner. Ce sont des personnalités attachantes. Encore de belles expériences à partager. De telles rencontres enrichissent ce séjour.
Les enfants au Groenland font partie intégrante du paysage. D’une gaieté permanente, dehors par tous les temps, ils jouent souvent ensembles. Curieux, ils cherchent le contact, pour notre plus grand plaisir.
J’allais presque oublier, la cerise sur le gâteau !!, le passage de la reine du Danemark à Narsaq. C’est l’Evènement du village. A 10h du matin ce dimanche 24 juillet toute la population rejoint le petit port. Des jeunes, des vieux. Certains en habits traditionnels, d’autres habillés normalement. Avec un protocole réduit au strict minimum, elle descend à l’heure prévue de son yacht royal le Dannebrog accompagnée de son mari le prince consort Henrik un Français bien de chez nous. Nous sommes aux premières loges pour ne pas rater ce paradoxe ; la ferveur des Groenlandais pour la famille royale tout en se prévalant d’une indépendance toute neuve.

La banquise

La rencontre avec le pack a également été une nouveauté cette année. Le pack c’est de la banquise dérivante, plus ou moins importante, morcelée. C’est un vaste champ de glaces ou plutôt un chant de glaces. A l’approche du village de Qassimiut, nous l’avons entendu bien avant de le voir. Une sorte de grondement sourd lié au mouvement de la glace sous l’effet de la houle et du vent. Une fois au contact, après avoir évalué la situation, il faut se frayer un passage le plus sécurisé possible. C’est une expérience unique, envoutante, épuisante … De même l’émotion devant la beauté des icebergs ne faiblit pas, bien au contraire.

Les animaux

Les bœufs musqués ont été introduits il y a quelques décennies dans ce secteur du Groenland. Ils sont en totale liberté. Leur population croit rapidement car il est bien adapté au climat arctique. Malgré son aspect de bovin, c’est en fait un capriné de souches primitives. Il vit en groupe.
C’est un vrai plaisir de contempler ces animaux quasiment préhistoriques. Ils se sont montrés craintifs et curieux à notre endroit. Mais nous n’avons jamais cherché à approcher de trop près ces mammifères herbivores…
Prudence !
Les rennes, nous ont fait notre plus beau cadeau. Profiter d’un rassemblement d’une centaine de têtes durant une demi-journée entière, c’est une situation enivrante et totalement inoubliable.
L’ours polaire ? Quelques uns trainent épisodiquement dans le secteur… Nous n’en avons pas rencontré, Ils doivent préférer de la viande moins coriace que celle d’un vieux kayakiste. C’est sur la base de ce postulat que j’ai dormi sur mes 2 oreilles (et surtout parce que j’étais souvent cuit !...).

L’avenir du Groenland ?

Le Groenland, dont la population avoisine les 55 000 habitants, est aujourd’hui à la croisée d’enjeux climatiques et de convoitises économiques. L’ouverture programmée de la voie maritime Nord Sud, le potentiel en minéraux rares attisent les appétits sur ce pays plus facile d’accès et qui regorge de réserves d’hydrocarbures. A notre niveau nous avons remarqué que la survie des petits villages semble compromise. Ainsi par exemple le village de Qassimiut possédait une école l’année dernière, cette année, faute d’instituteur pour ce poste, l’école a du être fermée. Nous en voyons déjà les conséquences sur la vitalité du village. Beaucoup de maisons se délabrent. Nous n’avions pas eu ce sentiment de déclin l’année dernière. Par ailleurs, faute de poisson et de débouchés, les pêcheries ferment une à une… Néanmoins, l’énergie de ce pays tout neuf est un signe positif pour faire entrer les Inuits dans l’aire de la modernité dans le respect du développement durable. Puissent-ils un jour nous donner des leçons dans ce domaine.

Et le kayak dans tout ça ?

Le kayak est un moyen de locomotion formidablement adapté à ce pays sans infrastructures. Il nous donne l’indépendance et favorise l’accueil plus chaleureux de la part des Groenlandais. Rien de plus excitant que de partir pour 25 jours en autonomie presque totale. Etre humble face aux éléments, se fondre dans le paysage, voila un des atouts de ce formidable outil inventé par les Inuits il y a près de 4000 ans.

Ce fut une belle tranche de vie.

 https://photos.google.com/u/1/share/AF1QipPazwCovb-8NkczHaRWjZaI3TkilTJD8PyI7Vn38EOznSMHCZnI-gRnUQmzd0N5eA?key=TGVYenFVNEpzMGlRWHVZdjNMaGpuRTgwZzBuMm9n

 

 

 https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipN45_qLqcEzwRLNtnRPoZjvy-4n9KTIpv-MvblR
https://photos.google.com/u/1/album/AF1QipPrMsxwlzDS6UWh7fvidxtCDey6JZNEiL5nXD9U


mardi 20 janvier 2015

Collioure pour 1€ ...

Quelle belle initiative de proposer les trains à 1€ dans tout le Languedoc Roussillon.
Départ 8H de Montpellier ce samedi matin de janvier avec les vélos. Arrivée à 10H à Collioure. le soleil est au rendez vous. Ballade dans le village assagi. Peu de monde et les couleurs limpides d'une belle journée d' hiver.
Blottis contre la citadelle, pour le pique nique sorti des sacoches, il fait même chaud au soleil.

L'église Notre Dame des Anges est l'incontournable de ce village



Sans la foule il est plus facile d'imaginer la fascination de Matisse où de Picasso pour ce haut lieu du Fauvisme.









Une fois repu de ruelles colorées, d'orangers et citronniers écrasés sous les fruits, de flâneries,  il est temps de prendre la route pour rejoindre Argelès sur mer, ville fantôme à cette période. Un camping en bord de mer est resté ouvert. De nombreux camping-cars de toutes nationalités sont installés.

Il est possible ensuite de longer la cote au plus près.
Le long de l'étang du Canet on peut admirer sur les berges quelques barques et des cabanes de pêcheurs en roseaux. Au loin le Canigou enneigé marque le paysage.

Saint Cyprien est un peu plus vivant autour de son port. Le Canet puis Sainte Marie avant de rentrer sur Perpignan.
une petite randonnée de 50 km pour musarder le long de cette cote bien rectiligne.
Les signes de la tempête de décembre dernier sont encore bien visibles. la mer est montée bien haut à certains endroits.
Perpignan se mérite... Plusieurs erreurs de parcours avant de trouver le moyen d'entrer dans la ville!! La signalétique sur les pistes cyclables est à améliorer...
En soirée l'animation du centre ville bat son plein.
Un bon petit restaurant pour apprécier la cuisine catalane avant de passer une bonne nuit dans un hôtel du centre ville qui possède un local vélo sécurisé...

La journée de dimanche est consacrée à la visite de la ville. les jardins du palais des Rois de Majorque transpirent la sérénité des lieux bonifiée par plusieurs statues de femme.




Avant de reprendre le train dans la gare du "centre du monde", il faut contempler le splendide théâtre de l'archipel, véritable œuvre d'art de l'architecte Jean Nouvel.
Dali considérait que" l'arrivée à la gare de Perpignan est l'occasion d'une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative"...
Je dois reconnaitre que je n'ai pas eu cet effet en pénétrant dans le bâtiment!
Voila, le train à 1€ permet d'imaginer une multitude de possibilité avec ou sans vélo pour parfaire notre connaissance de cette magnifique région, sans voiture, en toute quiétude.
Merci à Georges Frèche d'avoir initié ce projet et à ses successeurs de l'avoir finalisé.

Ce fut un bien beau weekend.






lundi 15 septembre 2014

Causse toujours ...


Florac. Quel est le vrai du faux?

J'ai un attachement particulier pour le causse Méjean.
j'aime sa diversité,sa beauté, ses paysages sans limites.
Je profite de ce beau weekend de septembre pour en faire le tour.
Départ du Rozier pour Meyruies par les gorges de la Jonte.
montée au col de Perjuret puis attiré comme un aimant, il faut quand même continuer sur le plateau. Un petit tour par l'Hom, le Veygalier, Villeneuve avant de plonger sur Vébron, un magnifique village.
Florac est en fête. j'y passerais la soirée à trainer de rue en rue, de bar en bar!
Après une bonne nuit au camping, descente par la vallée du Tarn. Il fait bien frais ce matin avec ce brouillard qui traine à partir. Heureusement  le soleil gagne la partie!
 Sainte Enimie, La Malène, sont des village où il fait bon flâner.
140 km à me promener. une belle ballade toute simple mais j'en ai pris plein les yeux.
De nombreux cyclotouristes rencontrés. Presque tous des étrangers.






















Florac en fête; une belle soirée d'été. 
Prolog festival - un éco évènement culturel

















Le paradis du vélo
La Malène

Le charme de ces vieux panneaux de signalisation
 
 

 
 
 
 
 



mercredi 2 juillet 2014

Ma France de l'été 2014

 
Samedi 5 juillet, c'est le départ du tour de France.
C'est aussi mon départ de Bordeaux pour une itinérance qui devrait me conduire dans les Landes, sur les iles d'Oléron et de Ré, le marais poitevin avant de rentrer tranquillement sur Montpellier par les routes "blanches" des cartes Michelin.
Les sacs sont prêts, le vélo tout propre et bien huilé.
Je pars seul, les yeux grands ouverts. Dans la poche un tracé et un planning laconique.
Tout est à écrire, sans contrainte ni soucis.
Je suis heureux comme un gamin. Ne pas savoir de quoi sera fait la journée, demain est un autre jour.
Tout est possible. Vivre, intensément, à fleur de peau, Quelle liberté je m'offre!
La tente, le duvet, le réchaud me rendent autonome. Un paysage lumineux, une rencontre, une simple envie de me reposer et je peux mettre pied à terre pour une heure, une journée, une nuit.
J'ai pris du temps, un carnet, un stylo, un appareil photo. De quoi me retrouver face à moi même durant un mois.
N'est ce pas un beau projet?
A mes lecteurs je leur souhaite un bel été.



Un parcours varié de l'Atlantique à la Méditerranée

Un beau rêve se termine.

Me voici arrivé devant ma maison après avoir parcouru 1400 km. C'est une impression étrange. ma voiture est restée sagement à l'abri du soleil sous son arbre.
Je me sens profondément heureux d'avoir pu aller jusqu'au bout de mon projet.
j'ouvre la porte, je retrouve mon environnement habituel, je vais bientôt reprendre le cours normal de ma vie enrichie de cette belle expérience. Mais déjà les souvenirs les plus marquants remontent à la surface...

Bordeaux 20H, je quitte la Gare. Le soleil de cette fin de journée d'été donne un éclat particulier aux berges de la Garonne.





Le miroir d'eau regroupe une population jeune qui vient se rafraichir et se retrouver. Je suis également attiré par le rassemblement inédit de tous les bateaux d'Eric Tabarly. Tous les Pen Duick sont amarrés au quai à l’exception hélas du N° IV , Manureva, disparu en mer avec Alain Colas en 1978. J'ai du mal à quitter cette ville aussi rapidement mais je veux trouver un coin de bivouac avant la nuit. Il faudra que je revienne.

Lacanau au petit matin, sous la pluie. Rencontre avec l'océan. C'est marée haute et je vois qu'à certains endroits la dune a été sévèrement attaquée par les tempêtes hivernales.

Je ne m'attarde pas. Je vais profiter du temps maussade pour m'avancer. Les Landes sous ce ciel bas sont bien monotones.
Une belle rencontre avec Frédéric qui parcours Roscoff à Hendaye, en échasse!, pour l'association les amis de Marius.Une sacrée aventure humaine et solidaire...
http://echassierducoeur.jimdo.com/

Certaines pistes "cyclables" sont les vestiges  réalisées par les Allemands pour relier les blockhaus entre eux. Il vaut mieux ne pas croiser d'autres vélos...

En fin d’après midi le soleil revient, je suis à la pointe de Grave. Halte dans un camping pour tout  faire sécher et se reposer. Ce fut l'étape la plus longue (107km) et aussi la plus fastidieuse.

Au petit matin, face au phare de Cordouan, j'apprécie la traversée en bateau de l'estuaire de la Gironde. Royan, Saint Palais, Bonne Anse, j'ai plaisir à retrouver les lieux de vacances de mon enfance.
Les tentes de plage de Saint Palais ont définitivement disparues. Le Club Mickey "les goélands" est toujours là, fidèle depuis plus de 50 ans...
Plage de St Palais
Bonne Anse















Ile d'Oléron. C'est jour de marché au Château. J'en profite pour acheter des huitres que je dégusterais face à la mer, avec un bon verre de blanc.

Ce gros nuage noir...il sera pour moi!!

Je reprends la route pour visiter Brouage. Cette ville fortifiée, fondée en 1555, ressemble à Aigues Mortes en beaucoup plus authentique et moins touristique.
C'est le pays de Samuel Champlain  fondateur de la ville de Québec.



L'église de Brouage est une des plus lumineuse que j'ai pu visiter.












A l'entrée du village sur un panneau, je peux lire "Voyageur, arrête toi ici car le sol que tu foules et l'air que tu respires sont imprégnés de gloire et de grandeur passées"

Je tenais absolument à passer par l'ile Madame.
La passe aux bœufs recouverte à marée haute est le seul accès. Je me laisserais enfermer pour y passer une très belle nuit en bivouac.

Les carrelets de l'ile Madame ont beaucoup soufferts lors des tempêtes de 1999 et 2010.
Au bivouac le vélo sert à tout: de porte manteau, de table, de placard, d'étendoir...

A l'abord de Rochefort, je prends le vieux pont transbordeur pour traverser la Charente.
Quel ouvrage! Plus d'un siècle d'existence et unique en France.
Il est accessible aux piétons et aux nombreux vélos qui profitent de cette traversée atypique de la rivière.

 Rochefort. Sa corderie royale, l'Hermione et la maison natale de Pierre Loti. Il faudra que je relise Pécheur d'Islande et également sa biographie car c'est un écrivain que je connais peu.




La frégate Hermione est désormais à flots. Il reste les travaux de finition. C'est la réplique  à l'identique du bateau, construit en  1778, qui emmena La Fayette en Amérique.

Il fait bon flâner dans cette ville chaleureuse du bord de la Charente.


La Rochelle ne tarde pas à pointer son nez. C'est le premier jour des Francofolies, cette année à la mémoire de son fondateur Jean Louis Foulquier. La ville est en fête dans une ambiance bonne enfant.
Cette ville est toujours aussi agréable. j'ai la chance d'apercevoir Higelin et Lavilliers.


J'aime trainer dans la vieille ville.
Il y a toujours quelque chose à voir dans ces vieilles ruelles.
La Rochelle est multi facettes. Bourgeoise autant que zonarde, renfermée mais aussi ouverte sur le monde...
De plus c'est le paradis du Vélo. Il y en a de partout, des milliers, de tous les styles, de toutes les formes.



Après un passage pluvieux à l'ile de ré, je remonte la côte jusqu'à l'embouchure de la Sèvre Niortaise.
A proximité du port du Plomb, je croise des pécheurs au carrelet. Magnifique cette pratique ancestrale. Ce jour là la pèche n'a pas été bonne.








Je quitte à regret l'océan et cette partie de côte non touristique pour remonter la Sèvre Niortaise.
Le marais poitevin m'offre des lumières et des paysages mystérieux. c'est toute une ambiance.


















Damvix, Coulon, Magné...Le temps a peu de prise dans ces villages.





Après une belle étape à Niort, pays de mon enfance, je prends la direction de Montpellier! J'ai déjà 520 km au compteur. Désormais chaque kilomètre parcouru me rapprochera de ma destination.
Grâce à la carte Michelin et au GPS, je prends les plus petites routes possibles. Je suis souvent seul en pleine campagne. Beaucoup de tracteurs s'activent dans les champs pour la récolte du blé et autres céréales.

Je musarde, n'hésitant pas à faire un détour pour aller voir un dolmen, un site remarquable. Je roule au gré de mes envies dans cette France non touristique mais si belle.
Dolmen des Perottes












Le village médiéval de Tusson mériterait bien un arrêt prolongé. Ce sera pour une autre fois, il pleut des cordes...
Mansle est aussi une belle ville paisible situé au bord de la Charente. Dans le camping municipal je prends mon diner dans la tente car, comme trop régulièrement, la  pluie tambourine sur la tente!!!
C'est dur d'être toujours dehors, par tous les temps! Il m'est parfois arrivé de me demander ce que je faisais là...C'est vrai, il faut être un peu fou!
Avant d'atteindre la Rochefoucault, dont le château appartient à la même famille éponyme depuis mille ans... je visite la Grande Fosse. Un effondrement géologique qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Plus loin, entre saint Pardoux la rivière et Thiviers, il y a une voie verte avec de nombreuses photos qui retracent la vie autour de cette ancienne voie férrée. C'est vraiment une très bonne idée .

Désormais le rythme mes journées est bien différent. Je me soucie beaucoup moins qu'au début du voyage, du manque d'eau, de nourriture, de quoi que ce soit... Je vis au jour le jour et c'est mieux comme cela.


Saint Sulpice D'Excideuil. Un petit village, perdu en Dordogne.
Une église romane, toute simple, comme je les aime. Et puis un cadeau, un cadeau magnifique, inattendu, de la musique classique vient de l'intérieur. Un pianiste en répétition avant le concert du weekend prochain. Un son bonifié par ces vielles pierres. Je reste là, immobile, à l'écoute des morceaux qu'il interprète. un immense moment d'émotion...
 C'est pour des instants pareils que je me suis mis au vélo. une approche sans bruit, sans déranger personne pour être parfois au cœur d'une émotion, d'un échange.
Aujourd'hui je suis payé en retour de tous les efforts fournis, de toutes ces montées sans fin, de toutes ces averses que je n'ai pu éviter.

Excideuil. Joli village à peine remis d'un orage de grêle l'été dernier. De très nombreuses  toitures sont encore bâchées. Des couvreurs venus de la France entière travaillent dans tout le village adossé à son château. Et pourtant le chantier est loin d'être fini...
Le camping municipal est un des plus agréable que j'ai rencontré depuis le début de mon périple. 3.65€ la nuit, c'est mon record...
Château d'Excideuil





Hautefort












Hautefort. Quelle généreuse montée pour y arriver, mais quel beau château...Je finirais cette journée vers Terrasson où je bivouaquerais dans le parc du centre aéré situé sur les hauteurs de la ville.
J'ai encore du mal à m'habituer à ces fortes montées en vélo mais le métier commence à rentrer, c'est de moins en moins pénible!!

Maintenant la canicule pointe son nez dans le Périgord. je fais une halte à St Sozy sur les bords de la Dordogne. Il fait vraiment chaud. Le seul endroit agréable, c'est le bar ou la douche du camping! Le lendemain juste après une dizaine de kilomètres effectués de très bonne heure, je rejoins Rocamadour, haut lieu de la chrétienté depuis le moyen âge.

J'avais peur d'un flot important de touristes, mais finalement je réalise une visite tranquille de cette cité qui a vraiment une âme. Pour un peu je me convertirais...mais je ne sais pas encore à quoi!!!

En tout cas la beauté du site incite à une démarche spirituelle.

Je me contente, cette fois ci, d'une démarche culinaire. Le fromage de chèvre "Rocamadour" est une vrai merveille. J'en ferais une bonne consommation...



Je traverse les causses de Gramat. Je suis en paysage connu. Calcaire, lavognes, moutons, on se croirait dans le Larzac!

Je visite avec beaucoup d'émotion la grotte du Pech-Merle. Ces peintures de chevaux de Przewlaski, ces traces de pas, ces mains en négatif....qui datent de plus de 26 000 ans. On se sent bien petit face à cet art primitif. C'est très troublant, très émouvant.

Depuis Cabreret, je remonte la vallée du Célé, route paradisiaque pour le cycliste. je ne regrette pas mon arrêt chemin faisant  à Marcilhac, petite ville pleine de charme, sur le chemin de St Jacques. (clin d'œil à Jacques Lacarrière écrivain voyageur)

Figeac ressemble à Pézenas. En un peu moins bien , normal je suis un peu chauvin. C'est la ville de naissance de Champollion.
Moi qui pensait que c'était un Grenoblois! Et bien non. Il quitta sa famille à l'âge de 11 ans pour rejoindre son frère à Grenoble où il fit toutes ses études.





Ce soir je dormirais à Capdenac gare, au bord du Lot. Je viens d'entrer dans le département de l'Aveyron et mon compteur dépasse désormais les 1000km... Je crois que j'en suis fier! et je vais me payer une bonne bière, je l'ai bien mérité!











Je passe la soirée avec Noël. Une belle rencontre d'un vrai voyageur en vélo. Il retourne bientôt au Burkina Faso....
 http://velafrica.mondoblog.org/

 Le lendemain, Noël a la gentillesse de m'accompagner un bout de chemin. Nous visiterons ensemble le village de Peyrusse. Son tricycle à assistance électrique est un vrai bijou de technologie. Je n'ai pas voulu l'essayer de peur de vouloir le garder!


Non loin de là, Belcastel était une destination importante pour moi. J'avais remarqué sur internet ce beau village et je voulais absolument m'y arrêter. Je reste 2 jours au camping situé au pied des maisons, au bord de l'Aveyron, pour me reposer et bien profiter de ce joyau.



Quelle belle montée à la sortie de Belcastel....
Mon vélo ne m'a jamais posé de problèmes techniques. Il ne s'est jamais apitoyé sur son sort!
Le Rougier de Camares. Quel paysage surprenant! L'Aveyron du Sud est complètement diffèrent des paysages du nord du département. Je serais reçu avec beaucoup de chaleur par René et Solange. Merci pour votre accueil si convivial . J'ai eu droit aux produits du jardin et à l'agneau de l'Aveyron. Ce fut un vrai grand moment de bonheur.


J'ai quitté l'océan à l'embouchure de la Sèvre Niortaise et, par symbolique, je tenais à rejoindre la Méditerranée à l'embouchure de l'Hérault.
La couleur de l'eau est bien différente.
Il ne me reste plus que quelques coups de pédales avant de rentrer. Je prends tout mon temps, rien ne presse. Je pense à ce voyage, ces paysages, ces rencontres. Je suis bien, tout simplement.


Quelques chiffres
- 1391 Km parcourus
- 23 jours de vélos
- 1 crevaison
- Budget 450€!
- 2.5 kilos de perdu, hélas trop vite retrouvés...
- Pas une goutte d'essence, quelques bonnes bouteilles. Durant ce voyage,mon empreinte écologique a du être excellente!